Élection présidentielle Côte d’Ivoire : le président ivoirien n’a pas su guider le pays vers la sortie de l’autoritarisme

Pour Amadou Sadjo Barry, professeur de philosophie, toutes les conditions de l’élection présidentielle ivoirienne de 2020 sont réunies pour assurer une bonne passation du pouvoir démocratique, toutefois, le chef d’État a annoncé qu’il brigue un troisième mandat.

Ouattara brigue un troisième mandat

Il est important de mentionner que depuis les indépendances du Côte d’Ivoire, le refus d’alterner le pouvoir s’est imposé en tant qu’un paradigme normal afin de gouverner dans une grande majorité de pays dans le continent africain. C’est cette situation qui se confirme avec la candidature officielle présentée par le chef d’État ivoirien Alassane Ouattara à un troisième mandat à la présidentielle en Côte d’Ivoire 2020.
La normalisation de ces pratiques peut traduire l’incapacité des partis et des responsables d’assimiler les différentes valeurs de la démocraties et témoigne d’une désinstitutionnalisation du pouvoir, malgré qu’ils prétendent promouvoir ces valeurs. Toutefois, le pays véhicule l’image d’une société fondée sur l’autorité du plus fort.
En effet, dans la grande majorité des pays africains, on fait très souvent face à une rationalité politique qui place les contraintes constitutionnelles et juridiques sous la tutelle d’un chef d’État ainsi que des personnes qui peuvent détenir ne serait-ce qu’une partie infinitésimale du pouvoir.
Néanmoins, loin d’être un handicap au niveau de la politique puisque la présence d’un homme fort détermine parfois le fonctionnement de plusieurs pays en Afrique et pouvant atteindre même, la diffusion des différents partis d’opposition, à cause des pratiques autoritaires du pouvoir.

Tromper la volonté du peuple

Dans la grande majorité des pays africains, le pouvoir en place prétextant se plier à la volonté du peuple, rallonge ses mandats présidentiels toutefois, la pratique autoritaire à tendance à confondre entre les intérêts du parti au pouvoir, de la personne au pouvoir et du peuple.
Il est important de rappeler qu’au nom du peuple guinéen, qu’Alpha Condé a pu réussir son coup de force constitutionnel, le 22 mars. Alors que le président sortant ivoirien Alassane Ouattara justifie son indispensable présence au pouvoir en Côte d’Ivoire afin de pouvoir maintenir l’ordre dans le pays.
En effet, les paysages politiques en Côte d’Ivoire et au Guinée laissent apercevoir des sociétés qui se caractérisent par la présence d’institutions politiques qui est essentiellement régie par une moralité collective minimale.
Par conséquent, un abus de langage conduit fréquemment à laisser de côte les demandes du peuple.
Il est essentiel de rappeler qu’en absence d’un peuple qui est politiquement bien constitué que la confiscation du pouvoir dans les pays devient plus possible.
C’est ainsi que le refus d’alternance au niveau du pouvoir constitue la conséquence d’un désordre au niveau politique.