Ministère de l’eau, de l’équipement rural et de l’hydraulique villageoise : impact de l’opération de réhabilitation des forages équipés de pompes à motricité humaines au Togo.

S’inscrivant dans le cadre du programme d’appui aux populations vulnérables (PAPV), dans son volet « Eau et Assainissement », l’opération de réhabilitation des forages équipés de pompes à motricité humaine (FPMH), s’est déroulée en 2 phases dans toutes les régions du territoire togolais. Cette opération a permis d’installer de nouveaux moyens d’exhaure sur les pompes déclarées être en panne ou en mauvais état de fonctionnement.
Initié par le chef d’Etat Togolais Faure Gnassingbé avec pour objectif premier l’amélioration des conditions de vie à travers l’accès à une ressource d’eau de qualité suffisante et disponible aux populations en zone rurale, elle a été conduite par le ministère en charge de l’eau, de l’équipement rural et de l’hydraulique villageoise au Togo.

Déroulement de l’opération « réhabilitation »

De manière concrète, cette action, conjointement menée sous la coordination de la société togolaise des Eaux, s’est donné les moyens d’assurer la réhabilitation du dispositif de puisage d’eau de forage de 1559 ouvrages en 2018 et de 1639 autres en 2019 ; soit un cumul de 3 198 forages équipés de pompes à motricité humaine d’après les chiffres du Ministère en charge du secteur.
En tout point, il est à compter à l’actif des attentes positives résultant de cette opération, le soulagement des communautés en milieu rural dans leur souffrance à assurer la réparation sans cesse de leurs pompes souvent très sollicités et dont l’âge est pour plus d’un très avancé.
Toutefois, après cette action qu’il nous a plu d’apprécier aussi bien par son déroulement à travers le dynamisme de toutes les équipes déployées que par les résultats obtenus, on a quand même envie de savoir l’impact que cette campagne de réhabilitation a eu sur le comportement des usagers d’eau en zone rurale du fait de son incidence sur les fondements de la stratégie « FORM-ENT » (Formation – entretien).

Impact de l’opération « réhabilitation » sur les fondements de la stratégie « FORM-ENT » d’hydraulique villageoise

En effet, adopté par le secteur de l’eau au Togo, cette stratégie a pour fondement l’accompagnement progressif des communautés bénéficiaires d’ouvrage hydraulique, dans un processus d’appropriation à travers la prise en charge par eux-mêmes des frais de réparation des pannes qui surviendraient sur leurs points d’eau, afin de responsabiliser ces derniers dans la gestion des ouvrages mis à leur disposition en vue de garantir leur pérennisation.
Mais suite à ces travaux de réhabilitation sur la base d’un inventaire antérieurement mené par les équipes déployées avec l’implication des communautés elles-mêmes, et en fonction du caractère gratuit qu’a porté cette action, beaucoup sont ces communautés qui aujourd’hui semblent avoir repris le goût de cet Etat providence qui a chaque fois, viendrait assurer la réparation de leurs forages équipés de pompes à motricité humaine.
Dans ce contexte de crise qui impose à nos Etats des défis nouveaux, il conviendrait de se poser la question de savoir si l’Etat togolais, à travers son Ministère en charge du secteur, pourra en tout temps mobiliser ces énormes moyens financiers afin d’assurer à chaque fois et sans cesse la réparation des ouvrages de forages au bénéfice des communautés bénéficiaires ?
Sinon ne serait-il pas temps de freiner cette spirale de réparation des pannes (quoique très dynamiques), au risque de créer et d’alimenter le sentiment d’abandon des communautés à assurer par eux-mêmes la survie de leurs ouvrages conformément aux fondements du système « Formation et entretien » des ouvrages d’eau en milieu rural ? En tout cas selon certaines indiscrétions, sur la question, il semblerait que dans le secteur, les avis sont partagés.